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Handicap et canoë : 3 jours sur la Whanganui River

Par on 16 février 2017

Quelques préparatifs avant le départ

La Whanganui Journey est l’une des 9 grandes randonnées de Nouvelle-Zélande gérées par le Department of Conservation (D.O.C) et c’est la seule avec la magnifique Abel Tasman Great Walk à pouvoir se faire entièrement en kayak ou en canoë. En effet partir à l’assaut de la Whanganui Journey permet de pagayer pendant 3 ou 5 jours, en pleine nature, dans le Parc National de Whanganui traversé par la rivière du même nom. Si vous optez pour 3 jours vous parcourez 88 kilomètres alors que 145 kilomètres vous attendent si vous décidez de partir 5 jours.  Peu importe votre choix, n’oubliez pas de réserver vos nuits dans les huttes ou campings du D.O.C bien à l’avance si vous comptez y aller durant la haute saison (Octobre-Avril).

Une fois que cela est fait vous n’avez plus qu’à attendre le début de l’aventure et à préparer vos sacs avant votre départ. Sur la Whanganui River il n’y a aucun commerce alors il vaut mieux éviter d’oublier quelque chose ! Le plus important est de prévoir une grande bouteille d’eau que vous pourrez re-remplir sur place et de la nourriture en quantité suffisante pour les 3 ou 5 jours. Voila quelques autres items importants : sac de couchage, ustensiles de cuisine, papier toilette, crème solaire, répulsif à insectes (moustiques et sandflies) et sacs poubelle car il n’y a aucune poubelle donc vous devrez garder vos déchets avec vous. Apporter des bouchons d’oreilles peut aussi être utile vu la configuration des dortoirs… Si vous avez peur d’oublier quelque chose n’hésitez pas à regarder la liste du D.O.C ici.

Concernant l’accessibilité de cette Great Walk, autant le dire tout de suite : ce n’est pas faisable en fauteuil roulant. Tout d’abord parce qu’il faut se transférer dans le canoë et ensuite parce que ni les navettes ni les huttes ne sont accessibles. Ceci dit si vous avez les capacités de marcher un peu, que vous avez une personne pour vous accompagner et que partir à l’aventure en canoë vous tente, n’hésitez pas et y allez-y, vos efforts seront récompensés.

C’est parti Direction Ohakune, petite ville où se trouve la société de location de canoë que nous avons choisie et où nous allons passer la nuit précédant le début de notre aventure. Une fois arrivés nous faisons connaissance avec le gérant qui nous explique comment cela va se passer le lendemain. Il nous indique où se trouve notre chambre et nous donne les 3 barils que nous allons prendre avec nous sur le canoë et dans lesquels nous allons stocker nos affaires. Petit conseil : penser à mettre les objets importants dont vous pourrez avoir besoin pendant votre journée sur la rivière (eau, crème solaire, répulsif, encas) dans le même baril pour pouvoir les atteindre facilement. En une demie-heure l’affaire était réglée !

Une fois ce Tetris dans les barils terminé, c’est l’heure de la première récompense : nous pouvons voir le Mont Ruapehu, plus connu sous le nom de Mordor dans la trilogie du Seigneur des anneaux, depuis notre chambre. Plusieurs mois après ma visite de Taupo et ma première expérience de sit-ski, je suis vraiment heureuse de pouvoir contempler ce volcan à nouveau.

Un dernier regard avant le coucher du soleil.

Un dernier regard avant le coucher du soleil.

Jour 1 : De Whakahoro à John Coull Hut

Aujourd’hui c’est parti pour 37,5 km à pagayer sur la rivière mais avant cela une petite balade d’1h45 en bus nous attend pour rejoindre notre point de mise à l’eau. Le bus n’est pas accessible, il y a trois marches pour monter dedans.

En route !

En route !

Une fois arrivés à destination le bus nous dépose au pied de la rivière. Avant de nous laisser voguer tous seuls, les consignes de sécurité nous sont expliquées et quelques conseils nous sont prodigués, notamment pour bien passer les grosses rapides du troisième jour.

Les barils embarqués et les gilets de sauvetage endossés, nous donnons nos premiers coups de pagaies sur la Whanganui river. Nous découvrons de beaux paysages. Nous avançons tranquillement au milieu de collines à la végétation sauvage et très dense tout en découvrant quelques falaises parfois escarpées. Une fois de plus il y a énormément de fougères de toutes tailles. Pas de doute nous sommes bien en Nouvelle-Zélande !

Petit aperçu de la végétation.

Petit aperçu de la végétation.

Plus nous avançons plus nous voyons plein de petites cascades d’eau. Nous devinons la présence d’autres d’entre-elles après les jours pluvieux. Nous arrêtons de pagayer de temps en temps pour écouter le son des cascades et le chant des Tui, ces oiseaux endémiques de Nouvelle-Zélande. J’adore les écouter chanter ! Aucun autre bruit, nous sommes bien loin de l’agitation des grandes villes… Pour parfaire cette journée le beau temps est au rendez-vous et la rivière a été calme tout le long à l’exception de deux ou trois petites rapides et de quelques tourbillons sur la fin.

Et voila où nous avons fait la pause pique-nique !

Et voila où nous avons fait la pause pique-nique !

Après 5h30 de canoë nous arrivons à la hutte John Coull où nous allons passer la nuit. C’est le moment le plus sportif de la journée pour moi. Après 5 minutes de marche sur un chemin en pente, je dois affronter deux séries d’escaliers en montée et quelques marches en descentes avant d’atteindre la hutte. Bref vous l’aurez compris les huttes du D.O.C ne sont pas conçues pour être accessibles.

Pas besoin d'aller à la salle de gym !

Pas besoin d’aller à la salle de gym !

En arrivant à la hutte le cadre est très agréable. Nous avons pu profiter des derniers rayons de soleil sur la terrasse et nous avons fait la connaissance d’un couple de Kiwis et d’un couple de Canadiens autour d’un jeu de carte. Dans la hutte vous trouverez une cuisine avec des feux à gaz et un dortoirs où tous les matelas sont collés les uns au autres sur deux étages. La Ranger qui était de garde était vraiment très gentille. Elle m’a même proposé d’utiliser son bureau pour me changer si j’avais besoin et à aider Franck à monter les barils jusqu’à la hutte.

La hutte John Coull.

La hutte John Coull.

 

Jour 2  : De John Coull à Tieke Kainga

Après une nuit de sommeil c’est reparti pour 29 km sur la Whanganui River. Franck redescend les barils avec l’aide du Canadien rencontrés la veille, revient me chercher pour m’aider à descendre et nous chargeons les barils avant de nous remettre à flot.

Petite routine du matin.

Petite routine du matin.

La matinée commence tranquillement. Le soleil, les Tuis et les fougères sont encore au rende-vous. Parfait ! Nous faisons attention car il y pas mal de morceaux d’arbres morts dans l’eau qui créent des courants. Nous traversons quelques rapides sans difficulté. Tout le monde n’a pas cette chance : nous croisons un couple de polonais quinquagénaires qui vient de chavirer. Rien de grave : ils ont réussi à accoster sur un rivage et doivent maintenant vider l’eau du canoë avant de repartir. Ça leur fait perdre pas mal de temps mais ils vont bien c’est le principal.

Pendant cette deuxième journée nous croisons beaucoup de jet boats. Tous vont au « Bridge of Nowhere » qui, comme son nom l’indique très bien, se situe au milieu de nulle part ou, plus précisément, en plein milieu du bush néo-zélandais. Pour rejoindre le Bridge of Nowhere  il faut s’arrêter au niveau de Mangapurua, y laissez son canoë et continuez à pied. Après il y a environ 1h20 de marche aller-retour donc comme je n’avais pas mon fauteuil roulant je n’y suis pas allée et Franck a souhaité rester avec moi. Néanmoins pas de regrets car la majorité des autres canoéistes ont été déçus de ce pont qui n’est apparemment pas si surprenant et plutôt petit. En plus nous avons pu profiter d’avoir plus de temps pour se baigner dans la rivière.

On est pas bien là ?

On est pas bien là ?

Le soir nous dormons à la hutte Tieke Kainga. Comme la précédente, elle est difficile d’accès mais donne l’occasion de découvrir un peu la culture maorie. En effet le site abrite un Marae c’est-à-dire un lieu sacré de rassemblement pour les maoris. Par conséquent toute consommation d’alcool ou de cigarettes est interdite. Certains jours si les maoris sont à Tieke Kainga, les visiteurs peuvent avoir la chance de participer à un powhiri, une cérémonie d’accueil.

Le Marae mais sans powhiri cette fois.

Le Marae mais sans powhiri cette fois.

Jour 3 : De Tieke Kainga à Pipiriki

Pour ce troisième et dernier jour nous avons 21,5 km à parcourir. C’est la journée la plus courte et cela s’explique aisément car la navette de retour nous attend à 14h à Pipiriki, notre point d’arrivée. Le début de cette journée offre sans doute les paysages les plus intéressants de la Whanganui Journey. Les gorges se resserrent et les massifs encadrant la rivière se font plus impressionnants.

Contents de commencer une nouvelle journée sur la rivière.

Contents de commencer une nouvelle journée sur la rivière.

Le décor est un peu moins sympa à la fin du parcours car les gorges s’ouvrent et les champs refont leur apparition mais ce n’est pas bien grave car de beaux rapides nous attendent sur les derniers kilomètres. Comme les autres canoéistes, nous redoutions un peu les trois gros rapides qui nous attendaient le dernier jour et nous avions accepté l’idée d’éventuellement terminer dans l’eau. Au final traverser ces rapides est ce que j’ai préféré pendant ces trois jours… avec le chant des Tui bien sûr!  S’attaquer à ces vagues ajoute beaucoup de fun et un peu de challenge ! J’ai bien ri même si parfois nous n’étions sans doute pas très loin de chavirer. Résultat des courses : nous sommes donc restés au sec, seulement trois canoës se sont renversés et tout le monde est arrivé à bon port.

Petit résumé de ces trois jours en moins de 2 minutes !

Après 40 minutes de bus pour revenir à Okahune puis 3h30 de voiture pour retourner à Wellington nous voilà de retour à la maison. Ces quelques jours ont passé très vite, trop vite. J’attendais avec impatience cette Great Walk et je n’ai pas été déçue du tout. Contrairement à ce que je craignais je n’ai pas été trop fatiguée et je n’en ai pas eu marre. J’aurais bien aimé continuer aux moins quelques heures de plus. J’ai beaucoup apprécié être en pleine nature pendant trois jours sans réseau ni même électricité. Y’a pas à dire se déconnecter de tout pendant quelques jours ça fait du bien !

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4 Comments
  1. Répondre

    Leo

    17 février 2017

    Les rapides font trop peur sur la vidéo ! Et les fougères géantes, on dirait des palmiers ! (c’était peut être de vrais palmiers…)
    Il est 6h du mat à rennes et j’ai l’impression d’avoir fait les 88km mi même déjà. Je suis é-pui-sé !
    Des bisooooouuuus !

    • Répondre

      Aurélie

      22 février 2017

      Les fougères il y en a de toutes les tailles en Nouvelle-Zélande et c’est courant d’en voir des aussi grandes que des palmiers. Quand on y est on comprend mieux pourquoi la fougère est l’emblème du pays !
      Bisous !

  2. Répondre

    kiki

    24 février 2017

    Waouhhh!! quelle aventure !! la vidéo est geniale!!!! les rapides non pas du etre facile et le nombre de Kilometres non plus…. tu ressors avec de sacrés bras non?? haha super article ! ravie de découvrir ton petit blog ! une belle découverte

    • Répondre

      Aurélie

      24 février 2017

      J’ai adoré les rapides ! Au final c’était bien plus fun et bien moins effrayant que ce que j’avais imaginé !
      Mes bras vont bien 😉 Honnêtement ça ne demande pas tant que ça d’effort, on est bien aidé par le courant de la rivière ! J’ai trouvé que c’est plus facile qu’en mer.
      Bon week-end !

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