Accessibilité Ile du Sud Nouvelle-Zélande

Christchurch : visite d’une ville sinistrée en fauteuil roulant

Par on 31 mars 2017

Une ville traumatisée par les tremblements de terre de 2010 et 2011

Les 4 septembre 2010, 22 février 2011 et 13 juin 2011 la terre a tremblée à Christchurch. Les néozélandais ont l’habitude de ressentir des tremblements de terre car il y en a des centaines tous les ans mais ces trois là ont profondément marqué les habitants de Christchurch et de Nouvelle-Zélande.

Le premier séisme, de magnitude 7, a eu lieu le 4 septembre 2010 à 4h35. Si aucune victime n’a été a déplorée et qu’il n’en a résulté que peu de dégâts ce tremblement de terre aura fortement fragilisé la ville qui, le 22 février 2011 à 12h51, a de nouveau été très fortement secouée. Quoique de magnitude plus faible (6,3 sur l’échelle de Richter) ce séisme a malheureusement été mortel et 185 personnes y ont perdues la vie. Il est également estimé qu’entre 1500 et 2000 personnes ont été blessées dont 164 grièvement. Les dégâts matériels ont été beaucoup plus importants que lors du séisme de 2010. L’épicentre de ce dernier était plus profond et plus éloigné de Christchurch ce qui explique pourquoi il a fait moins de dégâts et aucun mort. Néanmoins il avait fragilisé les structures de nombreux bâtiments qui ont fini par s’écrouler lors de ce deuxième tremblement de terre. Une école et l’immeuble d’une chaine de télévision se sont écroulés sur les étudiants et salariés qui y étaient présents.

Ce bâtiment qui abritait une école de langue est resté dans le même état depuis les tremblements de terre.

Ce bâtiment qui abritait une école de langue est resté dans le même état depuis les tremblements de terre.

Au final, à en croire Wikipédia, suite à ces deux tremblements de terre un tiers des bâtiments du centre-ville ont été détruits ou seront démolis et les coûts des dégâts pourraient atteindre 20 milliards de dollars néozélandais soit plus de 13 milliards d’euros. En effet les destructions visibles ne sont que la partie émergée de l’iceberg : les réseaux électriques et de distribution d’eau ont été endommagés et des milliers de personnes ont perdus leurs emplois. Et comme si la Nature s’acharnait, la troisième ville du pays a été frappée de nouveau le 13 juin 2011 par un séisme de magnitude 6 qui a fait 1 mort, 45 blessés et causé la destruction de nouveaux bâtiments dont des monuments historiques comme la cathédrale de Christchurch qui a perdu son cloché et subit de sévères dégâts.

La cathédrale telle que l'on peut la voir aujourd'hui.

La cathédrale telle que l’on peut la voir aujourd’hui.

Aujourd’hui même si la vie a repris son cours, Christchurch apparait comme une ville trop calme et en perpétuel chantier qui cherche à se reconstruire malgré un important manque de main d’oeuvre et un traumatisme certain. Des milliers de personnes ont quitté la ville pour s’installer autre part. Lorsque nous avons visité Christchurch au mois de novembre nous avons rencontré une habitante qui nous a raconté son histoire : sa maison a été détruite par le tremblement de terre et la reconstruction venait tout juste de se terminer. Elle avait enfin pu retourner chez elle… 6 ans plus tard ! Ici tout le monde se souvient de ces tremblements de terre et, pour les rares touristes qui n’en n’aurait pas entendu parler avant d’arriver dans cette ville, un bâtiment en ruine ou un mémorial n’est jamais bien loin.

Juste en face de la cathédrale, les néozélandais on pu écrire leurs pensées, hommages et ressentis sur ces pierres.

Juste en face de la cathédrale, les néozélandais on pu écrire leurs pensées, hommages et ressentis sur ces pierres.

Malgré tout et de façon assez surprenante il est facile de circuler en fauteuil roulant à Christchurch. En une journée à arpenter les rues et à croiser de nombreux chantiers de reconstruction je n’ai jamais eu de soucis d’accessibilité. Des rampes temporaires, des planches en bois ou d’autres solutions temporaires ont été mises en place. J’ai été agréablement surprise.

Une ville culturelle et artistique

Durant cette journée à Christchurch je me suis rendue compte des efforts de reconstruction qui sont fournis. Cependant ce n’est pas une ville qui m’a donné envie d’y vivre. Le centre-ville est encore très marqué par les évènements et un manque de vie sociale s’y ressent. Je ne considère pas non plus que se soit une étape indispensable lors d’un voyage en Nouvelle-Zélande. En dehors du fait qu’il est certain que visiter une telle ville permet de se rendre compte de la dangerosité des tremblements de terre, je dois bien reconnaitre que l’on peut y faire des belles découvertes artistiques et culturelles. Il suffit de se balader dans les rues pour pouvoir admirer de nombreux graffitis. Les graffeurs se sont emparés des murs de la ville et cela pour notre plus grand plaisir. Toutes ces couleurs redonnent de la vie à ces rues grises remplies d’échafaudages et ça fait du bien ! Cela devient même un jeu de trouver le prochain graffiti !

Tout près de la cathédrale.

Tout près de la cathédrale.

Pour les amateurs de musées, je vous conseille celui de Christchurch, le Canterbury Museum, qui est très bien même s’il a un peu vieilli. Vous pourrez y arpenter une rue de Christchurch à l’époque coloniale, découvrir un peu de culture maorie, observer des collections asiatiques, en apprendre plus sur les expéditions en Antarctique et surtout vous pourrez visiter une reconstitution d’une maison dérangeante dans laquelle les coquillages Paua sont partout, des murs aux objets du quotidien. Drôle de passion ! Il y a aussi des expositions temporaires. Nous avons donc vu une exposition sur Air New Zealand qui reste ouverte jusqu’au 30 avril 2017 pour célébrer les 75 ans de la compagnie aérienne. J’ai vraiment beaucoup aimé. L’exposition est très interactive. On peut visiter des reconstitutions d’habitacles d’anciens avions, comparer les costumes des hôtesses à différentes époques, visionner les publicités humoristiques de la compagnie, voir comment est fait un réacteur ou encore découvrir l’intérieur d’une cabine de pilotage. J’ai également apprécié que l’impasse ne soit pas faite sur les jours sombres de l’histoire d’Air New Zealand et que le sujet des crashs soit abordé. C’est assez émouvant de se plonger dans ses tristes histoires.

Le musée est entièrement accessible pour les personnes en fauteuil roulant. Il y a des toilettes aménagés et des fauteuils roulants de prêt sont disponibles sur réservation.

Avant ou après la visite du musée n’hésitez pas à aller vous balader dans les jardins botaniques qui se situent juste à côté. Que vous soyez plus sensibles aux fleurs, aux arbres ou aux animaux, il y en a pour tout le monde. On y trouve une roseraie, des arbres énormes, des parterres de fleurs, de nombreux canards et d’autres oiseaux. Il est aussi possible de s’installer sur un banc ou sur l’herbe pour pique-niquer tranquillement ou bouquiner. Ce parc est parfaitement accessible en fauteuil roulant et l’on y trouve des toilettes aménagés.

Un parc parfait pour une petite balade.

Un parc parfait pour une petite balade.

 

 

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