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Rarotonga : culture et vie au rythme des iles

Par on 27 mai 2017

Une culture polynésienne aux influences néo-zélandaises

Le bonheur des iles

Rarotonga a beau être la plus grande des iles Cook elle ne fait que 11 kilomètres de long. La route principale qui fait le tour de l’ile fait 37 kilomètres alors même si on se trompe de sens ce n’est pas bien grave ! Ce sera l’occasion de croiser quelques-uns des habitants de l’ile, assis sur leurs scooters sans casques ou dans leurs voitures sans ceintures ! Et oui là-bas la sécurité routière c’est autre chose. Il est normal de voir des enfants assis entre les deux sièges avants sans ceintures ou encore à l’arrière d’un pick-up. Une fois j’ai même vu une petite fille dormir alors qu’elle était contre le dos de sa mère qui conduisait un scooter… Le tout sans casque bien sûr ! Complètement impensable chez nous !

Bien installés pour regarder le paysage !

Bien installés pour regarder le paysage !

En effet la vie sur une petite ile au milieu de l’océan est bien différente de la vie que nous connaissons sur les continents ou même dans des pays insulaires de taille plus importante comme la Nouvelle-Zélande ou le Royaume-Uni. Aux iles Cook on prend son temps, on écoute de la musique polynésienne chez soi et aussi au bureau et l’on vit avec moins d’attentes matérielles. Même en passant devant les bâtiments des ministères on entend ces chants et rythmes relaxants ! Ici on voit de nombreux sourires sur les visages, des fleurs dans les cheveux des femmes et l’on entend les jeunes femmes chantonner. Ici on n’hésite ni à klaxonner ni à héler un ami ni à s’enlacer pour se dire bonjour. La bonne humeur est ambiante et ça fait du bien ! Malgré ces particularités il y a beaucoup de similitudes avec la Nouvelle-Zélande, pays auquel les iles Cook étaient rattachées jusqu’en 1965. Dans les deux pays on paie en dollars, on parle anglais et maori, on navigue sur des wakas et on joue au rugby !

Au marché du samedi matin.

Au marché du samedi matin.

Les danses polynésiennes

J’ai commencé cet article en vous parlant de leur façon de conduire mais je suis sûre que quand vous avez lu « culture polynésienne » vous pensiez sans doute plus à ces jolies danseuses vahinés. Bien sûr nous n’avons pas résisté à la tentation et sommes allés assister à une « island night » au « Highland Paradise ». Pour 99$NZ une « island night » comprend les navettes aller-retour à votre hébergement, un petit tour dans le « village », un repas en mode buffet et un spectacle de danses et de chants. Les navettes ne sont pas accessibles aux personnes en fauteuil roulant. Il s’agit de bus non aménagés. La visite du « village » peut se faire mais n’est pas facile parce que le sol est revêtu d’herbe et de graviers et qu’il est en pente par endroits. A l’intérieur par contre aucun soucis : il est possible de circuler partout en fauteuil.

J’ai trouvé la visite du « village » assez décevante surtout en comparaison avec ce qui se fait en Nouvelle-Zélande dans les villages maoris. En réalité c’est plus une petite balade à l’extérieur pendant laquelle quelques éléments de la culture des tribus cookiennes sont expliqués. On apprend notamment quelle est l’utilité des différents fruits et arbres poussant aux environs et l’on découvre les légendes de la découverte de la Nouvelle-Zélande par les maoris des iles Cook. Le plus intéressant a été de découvrir que leurs Maraes sont différents de ceux de Nouvelle-Zélande. Dans les deux cultures le Marae a la même fonction : c’est un lieu de rassemblement au caractère religieux et sacré. Par contre leur matérialisation est très différente : en Nouvelle-Zélande il s’agit d’un bâtiment en bois avec de nombreuses gravures alors qu’aux iles Cook il s’agit d’un arbre imposant entouré d’un espace permettant d’accueillir quelques personnes. Seuls les hommes les plus importants de la tribus tels que le chef et les meilleurs guerriers peuvent y entrer. Les femmes n’ont pas le droit d’y entrer à l’exception de la matriarche.

Un Marae aux iles Cook.

Un Marae aux iles Cook.

Le repas est d’une qualité moyenne. S’il y a largement à manger j’ai malheureusement trouvé que les produits ne sont pas assez mis en valeur. Il y a tellement de choses dans une même assiette qu’il est difficile de distinguer les saveurs et quasiment aucune explication n’est donnée. Une petite déception donc.

Le spectacle est par contre une totale réussite. Les chants, les danses et les percussions : tout est très bien exécuté ! Les danseuses sont si gracieuses et si jolies dans leurs tenues de vahinés que ça l’air naturel et facile alors que ça doit être bien fatiguant ! Chaque danse représente une période de l’Histoire de Rarotonga ou un moment important de vie. On découvre ainsi à travers ces prestations les guerres entre tribus, la conquête de la Nouvelle-Zélande ou les traditions qui encadrent le mariage.

Des problématiques insulaires

La vie dans les iles semble aussi impliquer des difficultés particulières. Par exemple la gestion des déchets et la prolifération de certains animaux posent problème. En effet il y a  des déchets sur le bord des routes et même aux abords de certaines plages. Il n’est pas rare de voir des sacs poubelles accrochés aux arbres et des bières vides trainer par terre. Malheureusement cela semble être principalement le fait des locaux. Je suis consciente que l’élimination des déchets sur une ile requiert une logistique particulière mais j’ai tout de même eu l’impression que peu d’efforts sont faits. Il n’y a, par exemple, quasiment pas de poubelles publiques et on peut voir de nombreuses carcasses de voitures dans les jardins.

Une des trop nombreuses voitures abandonnées que nous avons vues.

Une des trop nombreuses voitures abandonnées que nous avons vues.

La prolifération des chiens errants est également un problème. Nous en avons croisés partout. Il arrive qu’ils suivent les piétons sur quelques centaines de mètres et ils traversent très régulièrement la route devant les véhicules. De nombreux d’entres-eux sont estropiés. Sans doute doivent-ils se battre. Cependant la situation a l’air de s’améliorer car parait-il qu’il y a avaient trois à quatre fois plus de chiens il y a quelques années. En effet, les habitants avaient beaucoup de chiens mais ne s’en occupaient pas et les laissaient en liberté. Du coup une nouvelle législation a été mise en place. Elle oblige les propriétaires de chiens à les enregistrer et comme cela coûte de l’argent les gens ont moins de chiens. Les pouvoirs en place réfléchissent aussi actuellement à une solution pour lutter contre la surpopulation de poules et de coqs. Il y en a vraiment partout, ce qui est très embêtant car les coqs semblent avoir pris la fâcheuse habitude de coqueliner à 3/4 heures du matin !

Une cuisine généreuse

Les marchés

A Rarotonga les rapports humains sont chaleureux, généreux… de même que la cuisine ! En effet on y mange beaucoup et malheureusement, comme dans beaucoup d’iles du Pacifique, cela se voit. Selon l’Organisation mondiale de la santé, les dix pays les plus touchés par des problèmes d’obésité sont des iles du Pacifique. Les iles Cook serait le pays avec le taux d’obésité le plus élevé au monde avec plus de 50% de la population qui serait obèse, et plus de 80% en surpoids. Ce triste chiffre est dû à la mondialisation qui a atteint ces iles durant les dernières décennies. Les habitants des iles ont eu accès à de nombreux produits manufacturés et ont délaissé leurs produits locaux, plus sains. Pourtant ils ont la chance d’avoir de très bons produits. Les fruits sont succulents. Le goût des papayes et des bananes n’a vraiment rien à voir avec ce que nous trouvons chez nous en supermarché. Et pour ceux qui, comme moi, raffolent du poisson vous n’allez pas être déçus !

Deux marchés se tiennent régulièrement à Rarotonga. Le Muri Night Market a lieu tous les mardi, mercredi, jeudi et dimanche soirs de 17h à 21h. Sur ce marché on trouve pleins de stands de nourriture locale ou pas : fruits, curry de poissons, plat de poisson cru, calamars, tacos, poulet cajun, smoothies, cheesecakes… le tout dans une ambiance très années 70/80, au son du synthé à déguster son curry sur une chaise en plastique. Un peu de nostalgie de temps en temps ça ne fait pas de mal ! Si vous voulez faire un bon geste pour l’environnement vous pouvez louer assiette et couverts pour 2$NZ auprès des enfants d’une association scolaire. Moins de plastique et un coup de pouce pour le système d’éducation local : une double bonne action !

Un des plus grands stands de Muri Night Market.

Un des plus grands stands de Muri Night Market.

L’autre marché, le plus important de la semaine, est le « Punanga Nui Market ». Il a lieu tous les samedi matins à partir de 7h à Avarua. Vous y trouverez des stands de fruits, de légumes, de plats à emporter et aussi de souvenirs en tous genres fabriqués aux iles Cook ou en Asie !  Et pendant que vous faites votre choix vous pouvez toujours siroter de l’eau de coco directement à la paille dans la noix de coco à moins que vous ne préfériez attendre d’en acheter une à un local le long de la route principale.

Franck avec notre première noix de coco et le garçon à qui nous l'avons achetée au bord de la route.

Franck avec notre première noix de coco et le garçon à qui nous l’avons achetée au bord de la route.

Le « Progressive Dinner »

Pour vraiment découvrir cette culture culinaire locale quoi de mieux que d’aller manger chez l’habitant ? C’est exactement ce que propose le « Progressive Dinner ». Cette formule qui existe depuis dix ans consiste à aller manger l’entrée, le plat et le dessert chez trois familles différentes, avec eux. Lorsque nous avons entendu parler de cela nous n’avons pas hésité et nous n’avons pas été déçus, malgré un tarif assez élevé (90 $NZ). Nous avons très bien mangé. C’était très bon et très copieux. J’ai particulièrement aimé la recette locale de poisson cru : le Ika Mata. Il s’agit de poisson cru mariné dans du jus de citron et du lait de coco. Une vrai révélation ! J’ai tellement aimé que j’en ai racheté deux fois au marché ! Nous avons aussi découvert l’arrowroot (racine de marante) et le Rukau, une sauce à base de feuilles de taro. Nous avons également pu goûter à de nombreux fruits locaux. Les desserts n’avaient rien de bien surprenant : gâteau d’inspiration anglophones, crumble et la fameuse pavlova néo-zélandaise.

Un peu de musique des iles pour parfaire le "Progressive Dinner".

Un peu de musique des iles pour parfaire le « Progressive Dinner ».

Malheureusement le « Progressive Dinner » n’est pas une activité accessible pour les personnes en fauteuil roulant. La navette nous menant d’une maison à l’autre n’est pas adaptée, il faut donc se lever et monter 2/3 marches pour y entrer. Les maisons des hôtes ne sont pas non plus aménagées : il y a souvent une ou deux marches pour y accéder. Je n’ai pas utilisé les toilettes mais comme se sont ceux des maisons des hôtes ils ne sont sûrement pas adaptés.

Une culture religieuse très présente

Le « Progressive Dinner » a aussi été l’occasion d’en apprendre plus sur la culture des iles Cook et notamment sur l’importance de la religion au sein de la société. Dès nos premiers déplacements autour de l’ile nous avions remarqué que la religion tient une place importante dans le quotidien des Cookiens car il y a des églises partout. Il y en a vraiment beaucoup compte tenu du nombre d’habitants. Les églises comptent d’ailleurs parmi les plus beaux bâtiments de l’ile.

Une des nombreuses églises de l'ile.

Une des nombreuses églises de l’ile.

Il y a des cimetières autour de ces églises et il y a aussi de nombreuses sépultures un peu partout près des maisons. Les natifs de Rarotonga peuvent décider s’ils veulent être enterrés au cimetière ou sur leurs terres. Très souvent ils choisissent d’être enterrés sur leur propriété, auprès de leurs proches. Il y a donc de nombreuses tombes dans les jardins. Dans certaines cultures, on pourrait trouver cela bizarre et triste de voir la sépulture de ses parents depuis le salon mais aux iles Cook ce n’est pas du tout un problème. La sépulture est bien évidemment très respectée mais cela n’empêche que l’on puisse s’y asseoir et que les enfants puissent jouer dessus.

A la sortie de la messe.

A la sortie de la messe.

De façon générale bien que la religion tienne une place importante elle semble pratiquée avec beaucoup plus de joie. Cela est particulièrement flagrant lors des messes. Le dimanche matin nous avons été à la « Cook Island Christian Church » à Avarua pour en découvrir un peu plus. Nous avions entendu dire qu’aller à la messe était une expérience en soi et nous n’avons pas été déçus ! Quelle messe vivante ! L’église était remplies d’hommes, de femmes et d’enfants ayant tous revêtus leurs beaux habits et bijoux. Les femmes portent des chapeaux et des fleurs dans les cheveux, les hommes revêtent leurs costumes ou leurs chemises à fleurs. Les adultes de la chorale sont habillés de blanc et les enfants portent les uniformes bleu-gris de leur chorale. Les garçons sont coiffés d’un chapeau et les filles se sont toutes faites de belles nattes.

Petite pause photo après le service.

Petite pause photo après le service.

La majorité du service est fait en maori mais nous n’avions pas besoin de comprendre pour apprécier et être transportés par les chants. Que ça chante bien et fort ! La quasi-totalité des chants sont chantés a cappella par les chorales et repris en choeur par la totalité de l’assemblée. Ces chants sont chantés, tel du gospel, avec tellement de joie et de puissance vocale que ça m’en a donné des frissons !

 

 

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1 Commentaire
  1. Répondre

    Stéphanie LANGLET

    28 mai 2017

    Merci pour cette belle découverte !
    Découvrir un pays à travers sa culture est ma façon préférée de voyager, sauf que depuis quelques temps les tribus d’Inde ont volé mon coeur et je n’arrive plus à aller ailleurs – bon si, dans mon pays basque quand même mais j’y vis !

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