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Visiter Kuala Lumpur en fauteuil roulant : quelle accessibilité ?

Par on 31 juillet 2017

Kuala Lumpur est la première ville d’Asie du sud-est où j’ai posé mes roulettes. J’avais beaucoup entendu et lu que la Malaisie n’est pas une destination de tout repos lorsque l’on voyage en fauteuil roulant alors Franck et moi avions un peu d’appréhension en y arrivant. Finalement après une semaine dans la capitale Malaisienne je vous confirme que ce n’est pas une destination facile. De nombreux obstacles sont venus se mettre en travers de mes roues lors de mes balades dans les rues de Kuala Lumpur. Néanmoins les transports en commun sont bien plus facile à emprunter en fauteuil roulant que la voirie.

Dans les rues de Chinatown.

Dans les rues de Chinatown.

L’aéroport

Si vous venez à Kuala Lumpur il y a de fortes chances que vous arriviez par l’aéroport « Kuala Lumpur International Airport » surnommé « KLIA » ou « KLIA 2 » pour le terminal des compagnies Low cost, notamment Air Asia.

A mon arrivée à l’aéroport tout s’est bien passé. A la sortie de l’avion un membre du personnel de l’aéroport m’a apporté mon fauteuil roulant et m’a accompagnée à l’immigration, aux carrousels de bagages puis à la sortie. Le terminal est équipé de rampes, d’ascenseurs et il y a plusieurs toilettes adaptés dans l’aéroport qui sont assez larges pour se transférer du fauteuil roulant au toilette sans difficulté.

L’aéroport étant situé à 45 minutes de route de Kuala Lumpur une navette, le KLIA Ekspres, permet de rejoindre la ville. Ce bus relie « KLIA » et « KLIA2 » à « KL Sentral Train Station » au coeur de la ville. Franck et moi n’avons pas emprunté ce bus mais, d’après les informations que j’ai trouvées, il est censé être accessible en fauteuil roulant. Un ticket aller coûte 55MYR (environ 11€) et un aller-retour 100MYR (environ 20€) . 

La voirie

L’accessibilité ne semble clairement pas être une priorité à Kuala Lumpur. Selon les quartiers les trottoirs ne sont pas rabaissés du tout ou les rabaissements sont trop abruptes ou même détériorés. Dans de rares cas il y a des rabaissements praticables.

Tout allait bien depuis quelques minutes quand...

Tout allait bien depuis quelques minutes quand…

Même pour les plus sportifs et casse-cous monter sur les trottoirs sans bateaux relève du miracle étant donné leur hauteur. En effet les trottoirs sont très hauts : entre 30 et 50 cm. La largeur, quant à elle varie. Des fois les trottoirs sont suffisamment larges et d’autres non. Lorsqu’ils sont assez larges ce n’est pas gagné pour autant car il peut y avoir des scooters garés dessus, des marchandises laissées là par un commerçant ou un lampadaire en plein milieu. Il y a aussi souvent de nombreuses grilles d’égouts sur les trottoirs.

Une grille parmi d'autres.

Une grille parmi d’autres.

De plus beaucoup de trottoirs, qu’ils soient carrelés (beaucoup le sont) ou bétonnés, sont souvent très abimés et impraticables. Le plus facile est donc de rouler sur la route. C’est ce que j’ai fait la plupart du temps. Cela peu paraitre un peu effrayant au début car il y a beaucoup de circulation mais on s’y fait vite. Les locaux ne m’ont pas klaxonnée et ont essayé autant que possible de laisser une distance suffisante de sécurité entre leurs véhicules et moi.

En route vers le musée des arts islamiques.

En route vers le musée des arts islamiques.

Pour les non-voyants et les malvoyants il y a des bandes rugueuses au sol sur les trottoirs et aux passages piétons très souvent. Par contre il n’y a pas de signaux sonores.

Les transports en commun

Les transports en commun sont accessibles la plupart du temps. Malheureusement le plus compliqué sera d’y parvenir compte tenu de l’état de la voirie. 

Rapid KL Monorail

La société « Rapid KL » gère la majorité du réseau de transports en commun dans la ville. J’ai emprunté le monorail, c’est-à-dire la ligne aérienne (ligne 8). J’ai pu constater que tout est accessible. Il y a des bornes d’entrée plus larges pour les fauteuils roulants, des ascenseurs et des affiches indiquant que de l’aide peut être apportée. On trouve également des entrées prioritaires dans certains wagons pour les personnes à mobilité réduite.

La porte plus large juste à côté du guichet: parfait !

La porte plus large juste à côté du guichet: parfait !

Pour monter à bord de la rame il y a un espace entre le quai et le train mais il est assez petit. Durant mon trajet je n’ai rencontré qu’un seul problème : pour rendre accessible un escalier une plateforme élévatrice avait été installée mais malheureusement elle était en panne.

La plateforme élévatrice en panne.

La plateforme élévatrice en panne.

KL Hop-on / Hop-off Bus

Durant ma semaine à Kuala Lumpur j’ai visité la ville essentiellement à pied mais si vous souhaitez gagner du temps et économiser des forces il possible de prendre les Hop-on / Hop-off bus pour se déplacer. Ces bus touristiques s’arrêtent à 23 endroits différents couvrant ainsi les lieux touristiques. Ils disposent de rampes et d’un emplacement à bord réservé pour un fauteuil roulant.

L’accès à ces bus coûte 55MYR (environ 11€) pour 24h et 95MYR (environ 19€) pour 48h pour un adulte mais les personnes à mobilité réduite paient un tarif enfant c’est-à-dire 30MYR (environ 6€) pour 24h et 50MYR (environ 10€) pour 48h. Les tickets peuvent être achetés dans le bus, sur internet et parfois dans les hôtels.

KTM Komuter Train

Pour revenir des Batu caves au centre de Kuala Lumpur nous avons pris le train « KTM Komuter train ». Voyager en train en fauteuil roulant a été facile. Dans la station ferroviaire il y a  des ascenseurs, des rampes d’accès et les quais sont larges.

L'ascenseur pour accéder au quai.

L’ascenseur pour accéder au quai.

Dans le train il est facile de trouver une place pour un fauteuil roulant. Si tout est plutôt bien pensé il faut quand même noter qu’il y a un espace entre le quai et le train qui est assez large et nécessite de l’aide. Lors de mon trajet j’ai aussi vu qu’il y a des toilettes pour personnes handicapées sur le quai à la station « Batu Caves » mais ceux-ci étaient fermés à clé. Malheureusement cela n’arrive pas qu’à la gare : durant mon voyage en Malaisie je me suis souvent retrouvée devant des toilettes pour PMR fermés. 

L'espace entre le train et le quai.

L’espace entre le train et le quai.

Uber et Grab

Pour les trajets à Kuala Lumpur ou dans les villes environnantes utiliser Uber ou son concurrent Grab est aussi une bonne solution. Ici ça ne coute vraiment pas cher, surtout en comparaison des taxis. Cela reste tout de même plus cher que les transports en commun mais dès que l’on est deux voyageurs la différence devient insignifiante. Attention néanmoins certaines voitures peuvent être petites. Nous avons toujours réussi à faire des trajets en Uber ou Grab à deux avec mon fauteuil roulant mais le châssis et le dossier sont pliables. Si votre fauteuil roulant n’est pas pliable, ou si vous voyagez en fauteuil électrique, cela risque de poser problème même s’il est possible de commander des véhicules plus grands (Uber XL). Néanmoins il reste nécessaire de pouvoir se transférer du fauteuil roulant au véhicule. 

Pour l’accessibilité des différentes activités, visites et endroits où manger je vous invite à retrouver les informations dans les articles qui y sont dédiés ici et ici.

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