Accessibilité Asie Myanmar (Birmanie)

Rangoun, traditions religieuses aux cœur des transformations citadines

Par on 1 décembre 2017

Rangoun, émanations d’une ville en mouvement

Après une semaine dans le pays, nous voici à Rangoun pour la dernière étape de notre périple birman mais aussi de notre voyage de plusieurs mois en Asie du sud-est. Avec 4,5 millions d’habitants, Rangoun est la plus grande ville du pays. Certes on est encore bien loin de la métropole de Jakarta et de ses 30 millions d’habitants mais il y a quand même autant de monde que dans toute la Nouvelle-Zélande !
Avec toute cette population Rangoun est une ville bien vivante ainsi qu’en pleine évolution. En passant d’un quartier à l’autre on s’aperçoit rapidement des changements opérés dans la ville au fil des années. Des bâtiments coloniaux côtoient des centres commerciaux modernes et des immeubles d’habitations délabrés. Dans de nombreuses rues les logements se superposent en hauteur et les voitures noircissent les artères principales de la ville qui souffre du trafic. Il faut dire que les deux roues motorisés y sont interdits ce qui n’aide pas.
Pas besoin d'être tout prêt d'une pagode pour être entouré de locaux.

Pas besoin d’être tout prêt d’une pagode pour être entouré de locaux.

Malgré cette agitation les habitants peuvent facilement retrouver du calme dans l’un des nombreux parcs de la ville. C’est dans le parc Theingottara que notre guide a décidé de nous amener et il a eu une bonne idée. On en fait vite fait le tour mais la balade autour du parc et du lac est agréable et accessible. On peut même y voir y voir un bâtiment doré abritant une statue toute aussi dorée. Pas de doute on est toujours en Birmanie ! Seule limite : il n’est pas possible de rentrer dans le bâtiment car il y a des marches.
Et nous voilà au calme, presque seuls dans le parc.

Et nous voilà au calme, presque seuls dans le parc.

Quelques jours plus tard, la nuit tombée, l’ambiance a bien changé. La fête des lumières, connu sous le nom de festival Thadingyut, vient de commencer et les rues du centre-ville débordent de monde. Pendant plusieurs jours, chaque année, les bouddhistes du pays vont célébrer le retour de Bouddha sur terre après plusieurs mois passés à enseigner la philosophie bouddhiste à sa mère au paradis. Mais comme nous partons le lendemain nous ne verrons qu’une petite partie des festivités. Néanmoins nous pouvons ressentir l’engouement de la population qui s’amasse dans les rues, pose des bougies dans les pagodes ou sur les balcons et vient profiter des manèges et stands de nourriture.
On ne le sait pas encore mais la fin de soirée approche. Dans quelques minutes une pluie torrentielle s'abattra sur nous !

On ne le sait pas encore mais la fin de la soirée approche. Dans quelques minutes une pluie torrentielle s’abattra sur nous !

Rangoun, la tradition du bouddhisme

Si Rangoun a des caractéristiques que l’on retrouve dans toute grande ville du globe, son identité birmane est bien présente. Comme partout dans le pays, on trouve bien sûr des temples et autres lieux de cultes bouddhistes un peu partout dans la ville. Nous commençons donc notre journée par la découverte du grand bouddha Chaukhtatgyi. Absolument gigantesque ! La statue du bouddha allongé fait 66 mètres de long et, encore une fois, elle est en grande partie recouverte d’or. Le lieu est entièrement accessible en fauteuil roulant.
La statue occupe presque la totalité de l'espace du hangar.

La statue occupe presque la totalité de l’espace du hangar.

Beaucoup de Birmans viennent ici pour prier, se recueillir ou juste pour échapper à la chaleur. Il fait plus frais ici que dans les maisons. Certains d’entre-eux prient face à cet énorme bouddha et d’autres préfèrent se recueillir plus au calme devant l’une des nombreuses petites statues alignées derrière le grand bouddha, chacune favorisant la prière dans un domaine particulier. Mais peu importe le lieu ou le sujet de la prière un bouddhiste ne doit pas prier pour lui ou pour ses proches en premier. Il se doit d’être altruiste et de prier d’abord pour des personnes qu’il ne connait pas. Ainsi notre guide nous expliquait qu’il est possible de prier pour la population de telle ou telle ville par exemple.
Il y a de aussi de belles fresques illustrant des scènes de la vie de Bouddha.

Il y a de aussi de belles fresques illustrant des scènes de la vie de Bouddha.

Après le bouddha Chaukhtatgyi nous partons en direction de la pagode Shwedagon, incontournable de Rangoun. Comme de très nombreuses pagodes du pays celle-ci est recouverte d’or. Mais cette fois-ci ce ne sont pas des feuilles d’or mais des plaques d’or : de l’or sous une forme encore plus épaisse et onéreuse. Alors pas de surprise : ça brille !
La pagode centrale est encerclée de nombreuses autres petites pagodes.

La pagode centrale est encerclée de nombreuses autres petites pagodes.

La pagode centrale est bien sûr le clou du spectacle mais cela vaut le coup de se promener un peu partout autour car il y a pleins de plus petites pagodes à découvrir et surtout parce que l’on assiste à plein de scènes de vie. Alors que de nombreuses personnes prient agenouillées, d’autres suivent des cours de méditation et certains moines montent sur la pagode pour la nettoyer. Nous avons même assisté au nettoyage du dimanche : plusieurs femmes s’alignent équipées chacune d’un balai et avancent côte à côte, faisant ainsi le tour la pagode. C’est assez drôle !
C'est l'heure du nettoyage !

C’est l’heure du nettoyage !

La pagode Shwedagon se visite facilement en fauteuil roulant. Il y a des ascenseurs à trois endroits différents pour accéder au niveau de la pagode. J’ai utilisé ceux situés entre les escaliers sud et est. En arrivant en haut il y a des sanitaires. Ils ne sont pas spécialement adaptés pour les fauteuils roulants mais assez larges pour se transférer latéralement du fauteuil aux toilettes. Par contre il n’y a pas de barre d’appui et une rampe transportable est nécessaire pour y accéder.

Un week-end à la plage Ngwe Saung depuis Rangoun

Après ces quelques jours à visiter Mandalay, Bagan et Rangoun et avant de retrouver l’effervescence de Paris, nous voilà partis nous détendre au bord de la mer. Mais avant d’atteindre la plage de Ngwe Saung c’est parti pour six heures de route. L’occasion d’avoir un aperçu de la vie birmane hors des grandes villes. A peine sortis de Rangoun nous découvrons une autre facette du pays. Le développement est bien plus lent et la pauvreté plus présente. Les habitations le long des routes sont très sommaires et la plupart d’entre elles sont simplement faites de rondins de bois. Les bus que l’on croise à proximité de Rangoun sont bondés. Plus nous nous éloignons plus les villages s’espacent et par endroits nous voyons plus de vaches et de chèvres que de personnes.

La saison des pluies est presque terminée mais certains terrains sont encore bien trempés.

La saison des pluies est presque terminée mais certains terrains sont encore bien trempés.

Après une fin de route qui nous a un peu remués, nous avons été bien accueillis à notre hôtel « Central Hotel » mais malheureusement l’établissement n’est pas du tout accessible en fauteuil roulant. Depuis notre chambre nous voyons la mer qui nous appelle alors même si le temps est un peu grisâtre nous ne résistons pas à l’appel de la baignade. Avec une eau bien chaude pas besoin d’être au soleil ! Nous essayons de profiter au maximum de ce cadre : deux jours plus tard nous serons de retour dans l’automne parisien et ces magnifiques couchers de soleil ne seront déjà plus qu’un beau souvenir. Nous nous remémorons silencieusement tous ces incroyables moments que nous avons vécus depuis notre départ de France en juin 2016 et savourons ce dernier coucher de soleil magique sur une plage asiatique. Bientôt une nouvelle expérience riche en émotions nous attend : le retour en France et les retrouvailles avec nos proches. Mais ça c’est le début d’une autre histoire !
Le soleil se couche sur Ngwe Saung Beach.

Le soleil se couche sur Ngwe Saung Beach.

Accessibilité à Rangoun

  • A certains endroits de la ville les trottoirs sont assez larges et il y a des abaissements à chacune de leurs extrémités, à chaque intersection. En revanche les passages piétons débouchent directement sur les trottoirs, sans abaissement. A d’autres endroits de la ville les trottoirs ne sont pas abaissés.
  • Côté hébergement nous avons dormi au Vintage Luxury Yacht Hotel, construit dans un paquebot nous faisant voyager au début du 20ème siècle tout en restant bien ancré, à quai. On se seraient presque cru sur le Titanic ! Accéder au bateau se fait facilement par un long chemin. Il est en pente mais cela ne pose pas problème car un membre du personnel de l’hôtel est toujours là pour aider. A l’intérieur du bateau il y a des ascenseurs pour se rendre d’un étage à l’étage, au bar et au restaurant. Pour entrer au restaurant il y a un rebord de 2/3cm de haut à passer. Pour vous rendre à votre chambre je vous conseille de faire appel à un membre du personnel car les portes des couloirs sont lourdes et difficiles à manipuler. La chambre est assez grande pour y circuler en fauteuil roulant mais la porte pour y entrer n’est pas large. Avec mon fauteuil roulant j’ai pu y entrer tout juste mais certains fauteuils roulants ne passeront pas. Entrer dans la chambre n’est donc pas facile, d’autant plus qu’il y a un rebord. Il en est de même pour accéder au balcon et à la salle de bain qui n’est pas adaptée.
Et voilà la cabine !

Et voilà la cabine !

  • Les terminaux de l’aéroport de Rangoun sont accessibles en fauteuil roulant. Aux départs et aux arrivées des terminaux internationaux il y a des ascenseurs et des sanitaires adaptés permettant de se transférer latéralement du fauteuil aux toilettes. Au terminal domestique il y a un ascenseur puis une rampe afin d’atteindre le tarmac où une navette équipée d’une rampe vous attend pour vous amener à votre avion. En effet les vols internes se font à bord de petits avions et l’embarquement se fait donc depuis le tarmac ce qui nécessite de monter un escalier. Durant tout le processus un membre du personnel de l’aéroport vous accompagnera. Pour les vols internationaux j’ai toujours pu embarquer par une passerelle.

Ayant été invitée par les agences Myanmar Accessible Tourism Center  et Mira Travels cet article est sponsorisé mais je conserve toute ma liberté éditoriale.

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